DVD | Critique : Mon année à New York

Joanna débarque à Manhattan des rêves plein la tête : elle espère devenir une grande romancière. Pour son premier job elle devient l’assistante de la redoutable Margaret, l’agent de J.D. Salinger, l’auteur légendaire qui mène une vie recluse loin de New York. En voulant bien faire, Joanna va cependant se mettre dans une situation qui pourrait bouleverser tout ce qu’elle a accompli…

Mon année à New York
Canada, 2020
De Philippe Falardeau

Durée : 1h41

Sortie : 06/01/2022 (dvd)

Note :

LETTRES CLASSIQUES

La jeune héroïne de Mon année à New York (incarnée par Margaret Qualley, révélée par l’inédit en France Novitiate et aperçue dans Once Upon a Time… in Hollywood) nous prévient très rapidement : elle ne souhaite pas être ordinaire, elle veut être extraordinaire. Voilà le point de départ classique de ce récit d’apprentissage aux ingrédients archétypaux, avec sa protagoniste post-adolescente qui entame une nouvelle vie dans une nouvelle ville et dont les ambitions vont vite dépasser les humbles tâches qui lui sont confiées au travail.

Ce boulot n’est pas le plus banal : Joanna est engagée pour répondre au courrier des fans de JD Salinger. L’auteur culte de L’Attrape-coeur est une sorte de monstre du Loch Ness, un nom aussi immense que mystérieux, enfoui quelque part dans le temps. Enfouie dans le temps, l’agence littéraire où Joanna travaille l’est également – on ne sait de prime abord pas totalement si l’histoire se passe dans les années 20, les années 50 ou dans les années 90. Cet étrange flou artistique est tout à fait réussi et rend encore plus universel le parcours de son héroïne d’hier et d’aujourd’hui.

Elle n’incarne ni l’héroïne, ni Salinger, mais Sigourney Weaver est l’atout principal de ce long métrage présenté en ouverture de la Berlinale. On croit voir venir ce décalque de Miranda Priestly qui aurait troqué la mode pour la littérature, mais Weaver sait en faire autre chose. Si elle a le timing comique parfait, si sa dimension camp est comparable au jeu de Meryl Streep, son interprétation va moins dans la farce et son charisme naturel fait que chaque scène où Weaver apparaît est une scène qui s’allume.

Le film ne s’éteint pas totalement lorsqu’elle n’est plus à l’écran, mais il brille beaucoup moins. La deuxième partie davantage centrée sur l’émotion reste trop lisse, trop en surface pour fonctionner. Mon année à New York frustre car il semble se tromper de personnage. Sa jeune héroïne ne sort jamais vraiment de la formule (et ses atermoiements amoureux ne sont guère passionnants) alors que Margaret (incarnée par Weaver), pull jaune posé sur les épaules comme un fashion statement, protagoniste bigger than life qui sirote ses martinis à l’Algonquin, dinosaure d’un ancien monde propulsée dans le présent, constituait une perspective un peu plus généreuse. Malgré cela, le spectacle, assez confortable, reste plutôt plaisant.

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par Nicolas Bardot

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